Au cœur de ce roman, la lettre que l’une d’elle, Ramatoulaye,
adresse à sa meilleure amie, pendant la réclusion traditionnelle qui
suit son veuvage.
Elle y évoque leurs souvenirs heureux d’étudiantes
impatientes de changer le monde, et cet espoir suscité par les
Indépendances. Mais elle rappelle aussi les mariages forcés, l’absence
de droits des femmes. Et tandis que sa belle-famille vient prestement
reprendre les affaires du défunt, Ramatoulaye évoque alors avec douleur
le jour où son mari prit une seconde épouse, plus jeune, ruinant
vingt-cinq années de vie commune et d’amour.
La
Sénégalaise Mariama Bâ est la première romancière africaine à décrire
avec une telle lumière la place faite aux femmes dans sa société.