Notre arrivée au Nain Jaune fit sensation. C'est ainsi que
l'automne précédent j'avais vu entrer À la Rose, à Biarritz, le prince
de Galles incognito entre deux belles filles qu'on lui avait jetées dans
les bras et une bande de jeunes fous en délire. Mais le Nain Jaune
était une maison sérieuse. C'était un tripot doublé d'une fumerie
clandestine et l'on ne plaisante pas avec la drogue. Immédiatement on
nous conduisit au petit bar privé, où d'autres gentlemen, tout aussi
élégants et réservés que Félix et que Victor, les confrères avec qui ils
avaient affaire, nous reçurent sans marquer aucune espèce d'étonnement.
Il y a avait une femme parmi eux, la patronne du Nain Jaune, une grande
latte astiquée, lustrée, calamistrée, avec des dents de jument et des
yeux glauques."